Introduction
Dodoma, capitale politique de la Tanzanie, incarne une vision de développement centralisé et équilibré pour la nation. Nichée sur le plateau central, à environ 480 km à l'ouest de l'ancienne capitale de facto, Dar es Salaam, elle représente une tentative délibérée de déplacer le centre de gravité administratif loin de la côte et vers l'intérieur des terres. Avec une atmosphère plus calme et étalée que la frénétique métropole côtière, Dodoma est le symbole de l'unité nationale et le siège de la démocratie tanzanienne.
Description
Dodoma est située dans la région du même nom, à une altitude d'environ 1 120 mètres, ce qui lui confère un climat semi-aride plus tempéré que les zones côtières. La ville a été conçue selon un plan directeur ambitieux, avec de larges avenues, des ronds-points importants et des zones résidentielles et gouvernementales distinctes. L'architecture est souvent fonctionnelle et moderne, reflétant sa construction récente en tant que capitale. La ville est entourée de collines et de vastes plaines où dominent la culture du sorgho, du maïs, des arachides et, de manière surprenante, la viticulture. Les vignobles de Dodoma produisent une part significative du vin tanzanien. La population, d'environ 400 000 habitants, est multiculturelle, reflétant la diversité ethnique du pays, avec une présence importante des peuples Gogo, autochtones de la région.
Histoire
L'histoire de Dodoma en tant que capitale est récente. À l'origine, c'était un petit marché et un poste colonial allemand puis britannique sur la ligne de chemin de fer centrale. Après l'indépendance de la Tanzanie en 1961, Dar es Salaam, le principal port, resta la capitale. Cependant, dès 1973, le gouvernement du Président Julius Nyerere proposa de transférer la capitale à Dodoma, motivé par des raisons stratégiques, symboliques et de développement régional. L'idée était de créer une capitale plus centrale, accessible à toutes les régions, et de désengorger Dar es Salaam. Le transfert officiel fut approuvé par le parlement, mais le processus fut lent et marqué par des contraintes financières. Ce n'est qu'en 1996 que les fonctions gouvernementales et parlementaires commencèrent réellement à s'y installer. Aujourd'hui, le transfert est partiel : si le Parlement et les bureaux du Président et du Premier ministre y sont basés, de nombreux ministères et ambassades étrangères conservent leur siège principal à Dar es Salaam.
Caracteristiques
Les caractéristiques principales de Dodoma découlent de son statut de capitale planifiée. Son point central est le Bunge (Parlement), un complexe imposant et moderne. Le quartier gouvernemental (Mtumba) abrite les principaux ministères. La ville est organisée autour d'axes majeurs comme l'avenue Jamhuri et l'avenue du Parlement. Elle possède également des lieux de culte importants, comme la Cathédrale anglicane du Saint-Esprit et la grande Mosquée de Dodoma. Contrairement à d'autres capitales africaines, elle n'a pas de gratte-ciel et son rythme de vie est relativement paisible. L'Université de Dodoma (UDOM), ouverte en 2007, est l'une des plus grandes du pays et un pôle de croissance majeur. L'infrastructure, notamment l'aéroport international, est en développement constant pour soutenir son rôle administratif.
Importance
L'importance de Dodoma est avant tout politique et symbolique. En tant que capitale officielle, elle est le siège de la souveraineté nationale et le lieu où les lois sont débattues et promulguées. Son emplacement central renforce l'idéal d'unité et d'équité régionale cher à la philosophie socialiste *Ujamaa* de Nyerere. Elle sert de contre-poids géographique et politique à l'influence écrasante de Dar es Salaam. Sur le plan économique, son importance est régionale, centrée sur l'administration, l'éducation et l'agriculture (notamment viticole). Le transfert, bien qu'incomplet, a stimulé le développement des infrastructures dans le centre du pays. Dodoma représente ainsi la Tanzanie tournée vers son intérieur, cherchant à intégrer toutes ses composantes dans le projet national, même si la réalité du pouvoir économique reste ancrée sur la côte.
