Introduction
L'architecture Renaissance émerge en Italie au début du Quattrocento (XVe siècle) comme la manifestation physique de la Renaissance culturelle et intellectuelle. Rejetant le style gothique médiéval jugé "barbare", les architectes et mécènes se tournent vers les vestiges de la Rome et de la Grèce antiques pour y puiser un nouvel idéal de beauté, d'harmonie et de rationalité. Ce mouvement, fondé sur les principes humanistes, place l'homme et sa raison au centre de la conception de l'espace.
Description
L'architecture de la Renaissance se définit par l'application rigoureuse des ordres classiques (dorique, ionique, corinthien, toscan et composite), de la symétrie et des proportions mathématiques inspirées du corps humain et de l'Antiquité. Les bâtiments privilégient des plans centrés (carré, cercle) ou basilical à nef unique, avec une recherche d'équilibre et de clarté spatiale. Les façades sont organisées de manière horizontale, souvent rythmées par des pilastres, des colonnes et des frontons triangulaires. L'emploi d'éléments comme la coupole, la voûte en berceau à caissons, les arcs en plein cintre et les niches sculptées est systématique. L'ornementation, bien que présente, reste subordonnée à la structure géométrique globale.
Histoire
Le mouvement débute à Florence, avec Filippo Brunelleschi, considéré comme son père fondateur. Sa coupole de la cathédrale Santa Maria del Fiore (1420-1436) est un tour de force technique et le premier grand manifeste du style. Leon Battista Alberti théorise le mouvement dans ses traités. La Haute Renaissance (fin XVe - début XVIe) voit l'apogée du style à Rome avec des figures comme Donato Bramante (Tempietto de San Pietro in Montorio) et Raphaël. Le maniérisme, phase suivante, introduit des tensions et des libertés avec les règles classiques (Michel-Ange, Giulio Romano). Le style se diffuse ensuite dans toute l'Europe (Renaissance française, plateresque espagnol, style Tudor anglais) où il se mêle aux traditions locales, avant d'évoluer vers le Baroque au XVIIe siècle.
Caracteristiques
1. **Ordres classiques** : Utilisation codifiée des colonnes, pilastres et entablements selon les cinq ordres. 2. **Symétrie et proportion** : Plans et élévations basés sur des rapports mathématiques simples (carré, cercle, nombre d'or). 3. **Géométrie régulière** : Volumes simples et lisibles (cube, cylindre, sphère). 4. **Frontons et arcs en plein cintre** : Emprunts directs à l'architecture romaine. 5. **Coupoles** : Élément central et symbolique, souvent sur tambour. 6. **Façades planes et articulées** : Organisées en étages, avec un soubassement rustiqué parfois. 7. **Intérieurs lumineux et aérés** : Espaces fluides, décorés de fresques et de stucs. 8. **Rustication** : Traitement en bossage des pierres d'angle pour un effet de puissance.
Importance
L'architecture Renaissance constitue une rupture fondamentale dans l'histoire de l'Occident. Elle a réintroduit le vocabulaire architectural classique, qui est devenu le fondement de l'enseignement académique jusqu'au XXe siècle. Ses traités (Alberti, Palladio) ont été des références absolues. Elle a propagé une conception humaniste et rationnelle de l'urbanisme et de l'habitat, influençant profondément les palais, les églises et les villas. Son impact est visible dans toute l'Europe et a servi de base aux développements ultérieurs (Baroque, Néoclassique). Elle symbolise l'idéal d'une civilisation fondée sur la raison, la mesure et la beauté héritée de l'Antiquité.
