Musée national de Corée

Le Musée national de Corée est la plus grande institution muséale de Corée du Sud et l'un des plus grands musées d'Asie. Situé à Séoul, il est dédié à la préservation, la recherche et l'exposition du patrimoine culturel coréen, de la Préhistoire à l'époque moderne. Il est un symbole majeur de l'identité et de la fierté nationales.

Introduction

Le Musée national de Corée (국립중앙박물관) est la pierre angulaire de la préservation et de la diffusion de la culture coréenne. Inauguré dans sa forme actuelle en 2005 dans le parc familial de Yongsan, il est non seulement un trésor d'artefacts historiques, mais aussi un chef-d'œuvre architectural moderne et un centre culturel dynamique. Avec une collection de plus de 420 000 objets, il offre un panorama complet de l'histoire et de l'art de la péninsule coréenne, attirant des millions de visiteurs chaque année.

Description

Le musée est organisé en trois étages principaux correspondant à des périodes chronologiques et thématiques. Le premier étage abrite la « Galerie de la Préhistoire et de l'Antiquité », présentant des outils en pierre, des poteries de l'âge du bronze et des artefacts des anciens royaumes comme Goguryeo, Baekje et Silla, dont des couronnes en or spectaculaires et des bijoux. Le deuxième étage est divisé entre la « Galerie de l'Art bouddhique et de la Calligraphie » et la « Galerie des Arts décoratifs ». On y trouve des statues de Bouddha en pierre et en bronze, des peintures religieuses, des céladons de Goryeo d'une renommée mondiale et des porcelaines blanches de la dynastie Joseon. Le troisième étage est consacré à la « Galerie de l'Art asiatique », mettant en contexte la culture coréenne au sein des échanges avec la Chine, le Japon et l'Asie centrale. L'architecture du bâtiment, conçue par Chang-Il Kim, est impressionnante par son échelle et son intégration dans le paysage, avec un grand étang réfléchissant et une tour d'observation offrant une vue sur Séoul.

Histoire

Les origines du musée remontent à 1909, avec la création du « Musée impérial de Corée » pendant la période coloniale japonaise, une institution qui visait à contrôler le patrimoine coréen. Après la libération en 1945, il est rebaptisé Musée national de Corée. Il a connu plusieurs déménagements, résidant notamment dans le palais de Gyeongbokgung et le palais de Deoksugung. La nécessité d'un espace plus grand et moderne a conduit à la construction de l'actuel bâtiment à Yongsan, sur un site symboliquement important anciennement occupé par une base militaire américaine. Son inauguration le 28 octobre 2005 a marqué un nouveau chapitre, faisant du musée un espace civique ouvert à tous.

Caracteristiques

Le musée se distingue par plusieurs caractéristiques majeures. Sa collection phare comprend le « Pensive Bodhisattva » (Pensée Bodhisattva), un chef-d'œuvre du VIe siècle en bronze doré, et la « Pagode en pierre à dix étages de Gyeongcheonsa », un trésor national. Le « Jardin des Traditions Populaires » en extérieur présente des maisons hanok et des dolmens. Le musée est également à la pointe de la technologie, avec des guides multimédias, des salles d'immersion numérique et un programme de recherche archéologique actif. Son centre de conservation est l'un des plus avancés au monde. L'entrée est gratuite pour la collection permanente, soulignant sa mission éducative et démocratique.

Importance

Le Musée national de Corée joue un rôle crucial dans la définition et la promotion de l'identité culturelle coréenne. Dans un contexte historique marqué par les occupations et les conflits, il affirme la continuité et la richesse d'une civilisation millénaire. Il est un acteur central dans la recherche historique et archéologique, et un pont culturel international, organisant des expositions majeures à travers le monde. En tant que lieu de rassemblement public et d'éducation, il contribue à la vie civique et au tourisme culturel. Il incarne la confiance et le dynamisme de la Corée contemporaine, tout en étant le gardien de son passé.

Anecdotes

Un déménagement monumental

Le transfert des collections vers le nouveau bâtiment de Yongsan en 2005 fut une opération logistique d'une ampleur inédite. Plus de 135 000 artefacts ont été déplacés sur une distance de 8 km, nécessitant 1 773 trajets de camions spéciaux, escortés par la police et surveillés par GPS. Les objets les plus précieux, comme la Pagode de Gyeongcheonsa, ont été transportés de nuit, sur des routes spécialement fermées à la circulation. L'opération s'est déroulée sans le moindre incident.

La Pagode qui a voyagé

La Pagode en pierre à dix étages de Gyeongcheonsa (Trésor National n°86) a une histoire mouvementée. Sculptée en 1348, elle fut volée et emmenée au Japon en 1907 par un officier japonais. Récupérée après de longues négociations en 1918, elle fut installée dans les jardins du palais de Gyeongbokgung. Pendant la guerre de Corée, elle fut démontée et cachée pour la protéger. Elle a finalement trouvé sa place d'honneur dans le grand hall du musée de Yongsan, symbole de la résilience du patrimoine coréen.

Architecture symbolique

La conception du bâtiment est riche de symboles. Sa forme horizontale et ses lignes épurées s'inspirent des fortifications des anciens royaumes coréens et s'harmonisent avec la ligne de crête des montagnes environnantes. L'immense place centrale, « l'Espace de la Rénovation », est conçue comme une agora moderne, un lieu de rassemblement pour les citoyens. La position du musée, tournant le dos à l'ancienne base militaire américaine et ouvrant ses portes sur la ville, est interprétée comme un geste fort de réappropriation de l'espace national.

Sources

  • Site officiel du Musée national de Corée (eng.museum.go.kr)
  • Cultural Heritage Administration of Korea (english.cha.go.kr)
  • « The National Museum of Korea » - ouvrage publié par le musée
  • Articles académiques sur l'histoire muséale en Corée (Journal of Museum Studies)
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