Musée de l'Orangerie

Situé dans le Jardin des Tuileries à Paris, le Musée de l'Orangerie est célèbre pour abriter les huit immenses panneaux des 'Nymphéas' de Claude Monet, conçus comme un ensemble architectural unique. Il présente également la prestigieuse collection Walter-Guillaume, un panorama exceptionnel de l'art moderne de la fin du XIXe siècle aux années 1930, avec des œuvres de Renoir, Cézanne, Picasso, Matisse et Modigliani.

Introduction

Niché dans l'ancienne orangerie du Second Empire au cœur du Jardin des Tuileries, le Musée de l'Orangerie est un joyau de l'art moderne et impressionniste. Bien plus qu'un simple musée, il est conçu comme un sanctuaire dédié à la contemplation, où l'architecture et la peinture fusionnent pour offrir une expérience immersive unique, notamment à travers le chef-d'œuvre ultime de Claude Monet.

Description

Le musée est organisé autour de deux ensembles majeurs. Le premier est l'ensemble des 'Nymphéas' de Monet, présenté dans deux salles ovales conçues spécialement par l'artiste, baignées d'une lumière zénithale naturelle. Ces huit compositions monumentales enveloppent le visiteur dans un paysage d'eau et de végétation, créant une impression d'infini. Le second ensemble est la collection Walter-Guillaume, exposée sur deux niveaux souterrains. Elle retrace les grandes étapes de l'art moderne, de l'impressionnisme (Renoir, Cézanne) au fauvisme (Derain, Matisse), en passant par le cubisme (Picasso, Braque) et l'École de Paris (Modigliani, Soutine, Utrillo). La collection inclut des pièces majeures comme 'Les Odalisques' de Matisse, 'La Femme à la mandoline' de Picasso, et 'La Jeune Fille à la perle' de Modigliani.

Histoire

Le bâtiment, construit en 1852 par l'architecte Firmin Bourgeois pour abriter les orangers du jardin des Tuileries, servit à diverses fonctions (dépôt, casernement) avant d'être affecté en 1921 aux Beaux-Arts pour y accueillir les 'Nymphéas' que Monet offrait à l'État français. L'aménagement des salles, supervisé par Monet lui-même avec l'architecte Camille Lefèvre, fut achevé après la mort du peintre en 1927. Le musée ouvrit ses portes le 17 mai 1927. Dans les années 1960, il hérita de la collection personnelle du marchand d'art Paul Guillaume, enrichie par sa veuve Domenica Walter, ce qui transforma radicalement son envergure. Le musée fut entièrement rénové et réaménagé entre 2000 et 2006 sous la direction de l'architecte Olivier Brochet, permettant une mise en valeur optimale des deux collections et un agrandissement significatif des espaces.

Caracteristiques

L'architecture du musée est marquée par la dualité entre la lumière naturelle des salles supérieures des Nymphéas et les espaces souterrains de la collection Walter-Guillaume, éclairés artificiellement. Les deux salles ovales des Nymphéas, disposées en forme de 8, sont un exemple rare d'œuvre conçue in situ, créant un environnement total. La muséographie moderne, issue de la rénovation de 2006, permet une circulation fluide et une présentation chronologique et thématique de la collection. Le bâtiment conserve également des éléments de son passé, comme sa façade classique et sa structure en fer, typique des constructions du XIXe siècle.

Importance

Le Musée de l'Orangerie est d'une importance capitale pour plusieurs raisons. Il abrite le testament pictural et spirituel de Claude Monet, offrant une expérience contemplative unique au monde. Les Nymphéas y sont considérés comme le premier exemple d'environnement artistique total, précurseur des installations contemporaines. Par ailleurs, la collection Walter-Guillaume constitue l'une des plus belles collections privées d'art moderne réunies au XXe siècle, offrant un panorama cohérent et exceptionnel des avant-gardes. Enfin, le musée incarne le dialogue entre l'architecture historique et la muséographie contemporaine, faisant de lui un modèle de rénovation réussie au sein d'une institution culturelle parisienne majeure.

Anecdotes

Le don de Monet et la Grande Guerre

Claude Monet offrit ses Nymphéas à l'État français le lendemain de l'Armistice du 11 novembre 1918, comme un symbole de paix et un 'monument à la victoire'. Il voyait cette œuvre comme un havre de paix méditatif pour les Parisiens meurtris par la guerre. L'installation fut longue et complexe, et Monet, insatisfait de l'éclairage initial, exigea et obtint des modifications architecturales, retardant l'ouverture du musée jusqu'après sa mort.

La collection Walter-Guillaume et ses mystères

La collection du marchand Paul Guillaume, mort prématurément en 1934, fut gérée puis largement modifiée par sa veuve, Domenica, qui se remaria avec l'architecte Jean Walter. Elle revendit certaines œuvres majeures (comme des Picasso) pour en acheter d'autres, suivant ses propres goûts. Le legs à l'État en 1960 et 1977 fut conditionné par l'exposition permanente de la collection dans son intégralité, ce qui explique sa présentation spécifique et homogène au sein de l'Orangerie.

Une rénovation sous haute tension

La grande rénovation du musée (2000-2006) fut un chantier complexe et parfois controversé. Il fallut creuser sous le jardin des Tuileries, classé, pour créer les nouveaux espaces souterrains, tout en préservant les fragiles fondations du bâtiment et les racines des arbres centenaires. La redécouverte de vitraux oubliés de la période où le bâtiment servait de dépôt pour les soldats, et leur réintégration, fut l'une des heureuses surprises de ce chantier.

Sources

  • Site officiel du Musée de l'Orangerie (musee-orangerie.fr)
  • Catalogue des collections du Musée de l'Orangerie, Réunion des musées nationaux
  • Monet's 'Nymphéas' at the Orangerie: The Complete Panoramas, éditions Hazan
  • La Collection Walter-Guillaume au Musée de l'Orangerie, Cécile Debray, 2006
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