Musée de l'Ermitage

Le musée de l'Ermitage, situé à Saint-Pétersbourg en Russie, est l'un des plus grands et des plus anciens musées d'art et de culture au monde. Fondé en 1764 par l'impératrice Catherine II, il occupe un vaste complexe de six bâtiments historiques, dont le Palais d'Hiver, ancienne résidence des tsars. Il abrite une collection de près de trois millions d'œuvres d'art, retraçant l'histoire de l'humanité de la préhistoire au XXe siècle.

Introduction

Le musée de l'Ermitage est une institution culturelle emblématique de Russie et un trésor du patrimoine mondial. Plus qu'un simple musée, c'est un symbole de la grandeur impériale russe et un témoin de l'histoire tumultueuse du pays. Sa collection, d'une richesse et d'une diversité inégalées, en fait une destination incontournable pour tout amateur d'art et d'histoire.

Description

Le musée de l'Ermitage est un immense complexe muséal occupant plus de 66 000 mètres carrés d'espace d'exposition. Il est composé de six bâtiments principaux situés le long du quai du Palais sur la Neva : le Palais d'Hiver (la résidence principale des tsars), le Petit Ermitage, le Grand (ou Vieux) Ermitage, le Nouvel Ermitage, le Théâtre de l'Ermitage et l'État-Major (qui abrite notamment la collection d'art moderne occidental). L'architecture du complexe est un chef-d'œuvre en soi, mêlant les styles baroque et néoclassique. Les intérieurs somptueux, avec leurs escaliers monumentaux, leurs salles d'apparat et leurs galeries majestueuses, font partie intégrante de l'expérience de visite. La collection est organisée en départements : Culture et Art du Monde Antique, Art de l'Europe Occidentale, Art Russe, Numismatique, Art Oriental, et Culture Préhistorique.

Histoire

L'histoire du musée commence en 1764, lorsque l'impératrice Catherine la Grande acquiert une première collection de 225 tableaux de maîtres flamands et hollandais auprès du marchand berlinois Johann Ernst Gotzkowsky. Elle fait construire le « Petit Ermitage » (du français « ermitage », lieu de retraite) pour abriter ses trésors dans l'intimité. La collection s'enrichit considérablement sous son règne et ceux de ses successeurs, notamment Alexandre Ier et Nicolas Ier. Ce dernier ouvre le « Nouvel Ermitage » au public en 1852, faisant du musée une institution publique. La Révolution de 1917 entraîne la nationalisation des collections impériales et l'incorporation des palais. Pendant le siège de Léningrad (1941-1944), les collections furent évacuées en Oural, et le musée, bien que touché, servit de refuge. Depuis la chute de l'URSS, l'Ermitage a connu une modernisation importante et a étendu sa présence internationale.

Caracteristiques

Les caractéristiques majeures de l'Ermitage sont son échelle titanesque et l'étendue chronologique et géographique de ses collections. Il possède l'une des plus belles collections de peinture européenne au monde, avec des œuvres majeures de Léonard de Vinci (la « Madone Benois » et la « Madone Litta »), Raphaël, Michel-Ange, Titien, Rembrandt (une collection exceptionnelle), Rubens, Van Dyck, et des impressionnistes et post-impressionnistes comme Monet, Renoir, Cézanne, Gauguin, Matisse et Picasso. La section d'art scythe et sibérien, avec ses objets en or, est mondialement célèbre. Le département d'Antiquités classiques abrite des sculptures romaines et grecques remarquables. Le musée est également réputé pour ses salles d'apparat du Palais d'Hiver, comme la salle du Trône (salle Saint-Georges) et la galerie des Glaces.

Importance

L'importance de l'Ermitage est à la fois nationale et internationale. Pour la Russie, il est le gardien de l'histoire impériale et un pilier de l'identité culturelle. À l'échelle mondiale, il est considéré comme l'un des trois plus grands musées d'art, aux côtés du Louvre et du Metropolitan Museum. Son rôle dans la préservation du patrimoine pendant les périodes de guerre et de révolution est héroïque. L'Ermitage est aussi un centre de recherche scientifique de premier plan et un acteur culturel influent, avec des projets de collaboration et des annexes à l'étranger (comme l'Ermitage Amsterdam). Il attire près de 4 millions de visiteurs par an et est un symbole de la ville de Saint-Pétersbourg, classée au patrimoine mondial de l'UNESCO.

Anecdotes

Les Gardiens Félins

Depuis le XVIIIe siècle, une colonie de chats officiels habite les sous-sols de l'Ermitage pour protéger les œuvres d'art des rongeurs. Introduits par un décret de l'impératrice Élisabeth, fille de Pierre le Grand, ces chats sont aujourd'hui une institution à part entière. Ils ont même leur jour fête annuel, le « Jour du Chat de l'Ermitage », et sont soignés par des bénévoles et des employés du musée.

L'Acquisition Secrète de Catherine II

Catherine la Grande achetait souvent des collections entières en secret, par l'intermédiaire d'agents, pour éviter de faire monter les prix et pour contourner la censure. Ses acquisitions les plus célèbres furent les collections du premier ministre britannique Sir Robert Walpole et du banquier français Pierre Crozat, qui apportèrent des centaines de chefs-d'œuvre à Saint-Pétersbourg.

Le Siège de Léningrad

Pendant les 900 jours du siège nazi, une douzaine de gardiens et d'employés sont restés dans le musée vide pour le protéger des bombardements et des incendies. Ils vivaient dans les sous-sols et organisaient même des conférences sur l'art pour maintenir le moral. Malgré les dégâts causés par les obus, pas une seule œuvre majeure n'a été perdue pendant le siège, grâce à l'évacuation préventive et au dévouement du personnel.

La Salle d'Or des Scythes

L'Ermitage abrite la plus grande collection au monde d'objets en or des steppes eurasiennes, notamment des Scythes. Parmi les pièces les plus célèbres figure le « Peigne de Solokha », un chef-d'œuvre en or du IVe siècle av. J.-C. représentant une scène de bataille, et les somptueux bijoux des kourganes (tumulus) de la région de la mer Noire.

Sources

  • Site officiel du Musée d'État de l'Ermitage (hermitagemuseum.org)
  • Tarabukin, N., & Piotrovsky, M. B. (Éds.). (2000). The Hermitage: A History of the Collections.
  • Norman, G. (1997). The Hermitage: The Biography of a Great Museum.
  • Varshavsky, S., & Rest, B. (1985). The Ordeal of the Hermitage: The Siege of Leningrad 1941-1944.
  • Encyclopædia Britannica, entrée "State Hermitage Museum".
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