Introduction
L'art byzantin est l'expression artistique de l'Empire byzantin, héritier direct de l'Empire romain en Orient, dont la capitale était Constantinople (anciennement Byzance, aujourd'hui Istanbul). Né de la fusion de la tradition classique gréco-romaine, de la théologie chrétienne et des influences orientales, il constitue un art de cour et d'Église, codifié et durable, qui a rayonné pendant plus d'un millénaire. Il est fondamentalement un art théologique, où la beauté est au service de la révélation divine et de la légitimation du pouvoir impérial.
Description
L'art byzantin couvre un large éventail de médias : architecture, mosaïque, peinture (fresque et icône), sculpture (notamment l'ivoire et les chapiteaux), orfèvrerie et enluminure. Il rejette l'illusionnisme naturaliste de l'art antique au profit d'un langage symbolique et abstrait. Les figures sont souvent frontales, hiératiques et immatérielles, baignant dans une lumière dorée symbolisant le divin. L'espace pictural est aplati, les perspectives sont inversées, et les proportions peuvent être modifiées pour souligner l'importance hiérarchique des personnages (hiérarchie des échelles). L'objectif n'est pas de représenter le monde visible, mais de rendre présent le monde spirituel et de guider le fidèle vers la contemplation.
Histoire
Son histoire se divise en trois grandes périodes. La **Première période (IVe-VIIe siècles)**, dite paléochrétienne ou protobyzantine, voit la formation du style à partir des bases romaines (ex. : mosaïques de Ravenne, basilique Sainte-Sophie construite sous Justinien en 537). La **Période iconoclaste (726-843)** est un siècle de crise où la production d'images religieuses (icônes) est interdite, favorisant l'art abstrait et l'ornement. La **Seconde période (843-1204)**, ou Âge d'or macédonien et comnène, marque le triomphe des images après la restauration des icônes. L'art atteint son apogée avec un équilibre entre spiritualité et humanisme (ex. : mosaïques de Daphni, Hosios Loukas). La **Troisième période (1261-1453)**, ou Renaissance paléologue, après la reconquête de Constantinople sur les Latins, se caractérise par un renouveau narratif et une émotion plus intense dans les fresques (ex. : église Saint-Sauveur-in-Chora à Constantinople). L'art byzantin survit après la chute de Constantinople en 1453 dans les Balkans, en Russie et dans le monde orthodoxe.
Caracteristiques
1. **Spiritualité et symbolisme** : Tout art est une théologie en couleurs. La lumière dorée, les fonds abstraits (or) représentent la lumière divine et l'éternité. 2. **Hiératisme et frontalité** : Les figures sacrées (Christ, Vierge, saints) sont représentées de face, immobiles, dans une pose solennelle pour faciliter la vénération. 3. **Codification et canonicité** : Les types iconographiques (Pantocrator, Vierge de tendresse) et les couleurs sont strictement réglementés par l'Église pour préserver l'orthodoxie doctrinale. 4. **Architecture en coupole** : L'église typique est à plan centré (croix grecque) surmontée d'une ou plusieurs coupoles symbolisant la voûte céleste (ex. : Sainte-Sophie, Saint-Marc de Venise). 5. **Mosaïque et icône** : La mosaïque à fond d'or est le medium par excellence des églises impériales. L'icône, image portative peinte sur bois, est au cœur de la dévotion privée et publique. 6. **Art impérial** : L'empereur est représenté comme le lieutenant de Dieu sur terre, dans un cérémonial rigide (mosaïques impériales de Sainte-Sophie).
Importance
L'art byzantin est d'une importance capitale. Il a préservé et transmis le savoir technique et artistique de l'Antiquité au monde médiéval. Il a défini l'esthétique et la théologie de l'art chrétien orthodoxe, influençant durablement la Russie, les Balkans, la Géorgie et le Caucase. Son impact sur l'art occidental est immense : la Renaissance italienne doit beaucoup aux artistes byzantins (notamment après la chute de Constantinople), et l'art roman est profondément marqué par ses formes. Enfin, il constitue un jalon essentiel dans l'histoire de l'art, démontrant la puissance d'un art non naturaliste entièrement dédié à l'expression du sacré et du pouvoir.
